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MODULE 1

LE STREAMING, SAUVEUR DE L’INDUSTRIE MUSICALE ?

Depuis sa découverte en 1877 par Thomas Edison, et pendant plus d’un siècle, l’industrie musicale du disque n’a pas ou peu changé. Le producteur finance l’enregistrement de l’album des artistes, récupère sa part de financement avec les premiers albums vendu, et le surplus est ensuite redistribué entre le producteur et les artistes. Les amateurs de musiques quant à eux, ont connu peu de changements : tout a commencé avec le phonographe, puis en 1948  le support vinyle fait son apparition, en 1964 c’est la cassette audio qui réinvente l’utilisation de musique car plus petit et plus pratique à transporter, et enfin en 1981, le disque compact (CD) qui  révolutionne l’histoire du son et de la musique.

Mais fin des années 90, nous assistons à une rupture avec cette industrie du disque : tout le monde écoute et possède la même chose, les majors de la musique ont réussi leur pari, mais le mouvement s’essouffle, dans cette logique de consommation de masse indifférenciée.

Les années fastes du disque de 1985 à 1999, puis la chute des ventes au tournant des années 2000

Ce schéma le montre bien, dès le début du nouveau millénaire, on assiste à une baisse significative des ventes d’albums, et à contrario, une hausse des ventes de singles puisque ce début 2000 marque un nouveau mode de consommation de la musique, avec ce qu’on appelle les tubes/hit. Cette baisse de vente d’album s’explique par l’arrivée d’internet dans les ménages des pays les plus avancés à cette époque, et donc la création du P2P (Peer to Peer, du particulier au particulier en français) où il suffisait qu’un internaute possède un CD, l’importe sur son ordinateur, et le partage sur un logiciel spécialisé avec le reste du monde, gratuitement.

L’arrivée d’internet de Napster (cf Module 2), et des MP3 mettra donc un terme à cette mécanique du CD, puisqu’aucune structure commerciale ne se trouvait alors sur la toile, excepté Itunes d’Apple qui proposait d’acheter à moindre coût l’album dématérialisé. L’industrie musicale va perdre près de 70% de sa valeur en seulement 15 ans. En chiffre pour l’année 2012, c’est 42% de français qui n’achètent pas du tout de CD, et près de 90% qui en achète moins de 5 par an, ce qui montre bien la fin de l’ère du CD.

Mais c’est sans compter l’arrivée du streaming, qui va relancer l’activité et les revenus de l’industrie musicale au niveau mondial. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous assistons avec YouTube à une nouvelle consommation de la musique, qui représente la moitié de la consommation de musique en streaming aujourd’hui, et qui était encore plus importante il  y a quelques années, grâce à des clips vidéos toujours plus travaillés, plus créatifs et artistiques que jamais. À cela, s’ajoute l’arrivée des Smartphones qui révolutionne la consommation d’internet, avec les réseaux sociaux, qui permettent de partager ce que l’on aime, dans notre cas la musique, et agrandi la portée des auditeurs. Tout cela à travers des pages spécialisées, des artistes ou personnalités, ou encore le cercle privé.

Ces différents supports ont relancé l’industrie musicale, car l’auditeur peut désormais privilégier ses préférences de consommation : tout simplement écouter sa musique, ou désormais la regarder, peu importe l’endroit où il se trouve : chez lui, dans la rue, dans une salle d’attente etc. Le graphique ci dessous nous montre selon les pays, comment la musique est consommée sur l’espace d’une semaine.

Ce streaming ouvre l’ère de l’accès dit à la demande, et met donc fin au règne de la possession. C’est un renouveau pour tout le monde, du consommateur, en passant par les artistes mais aussi les producteurs. Stéphane Le Tavernier,  président de Sony Music Entertainment et président du SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique) nous dit :«La consommation ne se fait plus par l’acquisition mais par l’abonnement à un service qui permet l’accès à la musique et toutes sortes de facilités d’usage dédiées à la découverte de la musique et à son partage.» Le streaming, à travers ses 30 millions de titres proposés, ouvre la porte de la curiosité pour les auditeurs et les amateurs de musique, avec un simple abonnement à la plateforme souhaitée, qui varie de 5 à 10euros par mois pour un utilisateur unique. Des offres dites familiales existent et permettent à travers un abonnement, à plusieurs appareils de se connecter sur le site ou application de streaming. Chaque plateforme a ses spécialités (cf module 2), et ses propres contrats avec les artistes. En effet, il se peut que ces derniers n’aient pas signé d’accord avec une ou des plateformes et ne se trouveront par conséquent pas dessus, en dépit des abonnés.

Mais de nouveaux problèmes se posent, car 80% des morceaux disponibles  ne sont pas écoutés, et que seulement 3% des titres musicaux concentrent 80% des écoutes. On assiste donc à une sorte de stratégie “blockbuster”, qui consisterait à noyer l’espace médiatique et public afin d’amplifier les profits à court terme. Le problème est donc le suivant : comment répartir les bénéfices de manière plus équitable pour les artistes les moins écoutés, dans un monde où l’essentiel des écoutes est parfois dû seulement à un tube plutôt qu’un album, ou encore des titres dit classiques ? Car la rémunération se fait en fonction de la part de marché des labels sur les plateformes de streaming et non en fonction de l’écoute individuelle de chaque utilisateur, ce qui est un réel problème pour les petits labels et artistes indépendants.

De plus, malgré des chiffres impressionnants : les revenus mondiaux du streaming ont évolué de 55% en 2012, ce qui représente 1/5 du chiffre d’affaires du numérique mondial; Le streaming constitue 1/3 des revenus numériques mondiaux;  En 2017, 96 % des internautes au niveau mondial écoutent de la musique sous licence, que ce soit en streaming, à la radio ou en achat physique de disques; mais les plateformes de streaming ne sont pas encore bénéficiaires, malgré 30 millions d’abonnée chez Spotify, qui compte entrer en bourse sous peu. Pour être bénéficiaire, il leur faudrait entre 70 et 100 millions d’abonnés, alors l’industrie musicale s’interroge sur leur capacité à faire s’abonner les plus frileux d’entre nous, afin d’arriver à un système équitable et stable pour tous.

 

Webographie :

  • https://lesjours.fr/obsessions/la-fete-du-stream/ep-1-du-cd-au-streaming/#
  • https://culturenum.info.unicaen.fr/blogpost/daydcgp4i4l/view
  • http://next.liberation.fr/musique/2017/12/08/streaming-le-marche-de-la-musique-a-retrouve-sa-voie_1615408
  • https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-streaming-l-avenir-de-la-163104